Le Concupiscent

Le lièvre, chaque soir, quitte son trou
Ne sachant d’un foyer  se contenter, il part la hase chasser.
Pour paraître à la hauteur, il travaille son corps chaque heure
Muscles vigoureux, le poil court et luisant, et un beau bambou.

La hase, de passer du bon temps si pressée
Que sans réfléchir elle se jette
Entre les pattes du bel esthète.
Omettant de lui faire la cour, l’autre lui fait profiter sans détour de son mignon péché.

 

De sa virilité il la pourfend, et en elle se répand
La belle, le souffle coupé, à peine eut le dos tourné
Que le beau s’en était allé. De son intimité ainsi malmenée
Le plaisir n’est pas arrivé. Ainsi les pattes écartées, elle attend.

Arrive sur ces entrefaites, la tortue.
Trouvant bien curieux de voir ainsi son cul,
Lui demande gentillement : « Quel beau con que voici,
Que ne suis-je apprêté, j’y aurais joui »

« Faites, mon brave », elle répondit
« car aucune lance jamais n’éteignit
 le feu qui me dévore.
Je suis si lasse des carotivores. »

 

La mangeuse de laitue alors l’entreprit,
Non de la vigueur de son fruit, mais de la douceur de sa langue
La hase par tant de douceur charmée, se laisse aller à son profit
Du bout des lèvres, elle se raconte, et son corps entier ainsi tangue.

La hase, jamais plus le lièvre ne revit
Mais de la tortue par moments encore, elle jouit.
Car langue déliée n’est jamais mal baisée
Pour peu que se désirs soient bien écoutés.

Ven 4 nov 2011 Aucun commentaire